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  • Une météo capricieuse dans une Corse du Sud VIP

    Blog N°5 — Lundi 6 juillet 2026, au mouillage dans la baie de Rondinara

    Encore de belles surprises lors de notre descente vers le sud de la Corse — les petites criques semblent tout droit sorties d’un catalogue de voyage des Antilles ! Maintenant à quelques milles nautiques de la Sardaigne, nous sentons que nous changeons d’atmosphère. Côte hyper connues pour ces plages plus belles les unes que les autres, les visiteurs affluent en nombre à bord de superbes yachts, catamarans et zodiaques de luxe équipés de moteurs puissants et bruyants. Il y a beaucoup de monde sur l’eau et beaucoup d’argent aussi. Les plages de sable blanc et aux eaux émeraudes sont blindées. Visiblement, ce sont les lieux où il faut aller !

    Pour autant, l’île résiste bien à ces effluves de désir de possession et reste sauvage dans ses paysages : le maquis semble impénétrable, la roche peut être tranchante et menaçante, comme pour nous rappeler ses limites. Même le peu de construction a été choisi pour se fondre dans le décor — maisons basses de couleur sombre qui se fondent aisément dans la végétation ! Heureusement, et je souhaite à la Corse de se préserver ainsi encore longtemps !

    Pour nous rappeler par d’autres biais combien la nature mène la danse, nous avons eu cette semaine une météo plus compliquée. Plusieurs coups de vent nous ont accompagnés, dont il a fallu se protéger ; de fortes houles qui n’avaient rien à envier à l’Atlantique ; des orages menaçants qui ont eu la délicatesse de rester à terre ; des nuits inconfortables, l’œil rivé sur la tablette pour s’assurer que notre mouillage ne dérape pas. Nos points de chute étaient en plus parsemées de beaux rochers très instagrammables rendant le spot unique — mais tout à fait flippant du point de vue du navigateur qui doit choisir avec soin l’endroit où poser son ancre pour passer la nuit !

    L’avantage précieux de ces changement météorologiques est que nous avons enfin fait de la voile pour de vrai ! Jamais très longtemps puisque nos traversées restaient des sauts de puces mais enfin nous avons hissé les voiles, éteint le moteur, admiré le vent s’engouffrer. Nous avons testé le pré même serré et le grand largue. Nous avons aussi tirés quelques bords et pris le triple de temps initialement annoncé ! Nous avons pu navigué ! 

    Côté faune, nous n’arrivons toujours pas à pêcher et, à part une journée peuplée de méduses et les oblades curieuses qui agrémentent nos baignades et nos séances de snorkeling, aucun poisson n’est arrivé jusqu’à nos assiettes. Parfois, un banc de castagnoles ou une petite raie viennent agrémenter ce microcosme sous-marin qui nous accompagne de mouillage en mouillage.

    7 jours et 7 baies, toutes différentes et attachantes :

    Campomoro, avec son petit village typique, ses ânes et ses oliviers, nous a permis de trouver de quoi nous ravitailler en produits corses.

    Murtoli, immense et quasi déserte, nous a donné l’occasion de nager jusqu’à la plage et de faire de belles balades les pieds dans l’eau.

    Rocapinna et son célèbre Lion de Roche qui domine la baie nous a dégourdi les jambes lors de son ascension escarpée jusqu’à sa tour génoise, et nous laissera le souvenir angoissant d’une nuit houleuse au milieu des roches.

    Le grand Sperone et son golf luxueux, après le passage devant les falaises de Bonifacio sur une mer bien agitée, fut un précieux refuge face au vent d’est et nous a donné du fil à retordre pour accéder à la plage dans un vent et une houle forts et déstabilisants.

    Le petit Sperone, sa grotte des Amoureux — petite plage nichée sous la roche — et le tour des îles Cavallo et Lavezzi face à la Sardaigne nous ont apporté des effluves de romance, surtout agrémentés de très nombreux visiteurs équipés de yachts plus luxueux les uns que les autres.

    Enfin, Sant’Amanza nous a permis un retour au calme, tant par sa protection naturelle grâce à ses collines sauvages de maquis préservées pour les chèvres du Mohican, que par son recul touristique. Le vent tourne et en quelques minutes, nous traversons ce petit bras de mer protecteur pour nous mettre à l’abri au pied des falaises blanches de Balistra. Un spot à retenir pour son calme et sa beauté.

    C’est donc une étape colorée, pleine de nuances, qui nous a régalés encore cette semaine. Nous avons déjà terminé notre visite de la côte ouest de la Corse comme prévu. L’idée est de pousser jusqu’à Porto-Vecchio, sans doute pour refaire le plein d’eau après 3 semaines d’autonomie, avant de repartir vers le continent quand une fenêtre météo nous le permettra !

  • Une semaine en Corse sauvage

    Blog N°4 — Lundi 29 juin 2026, au mouillage dans l’anse de Campomoro, baie de Propriano

    Nous avons découvert un autre aspect de la Corse cette semaine, plus brut, plus sauvage. Loin du monde et de son effervescence, nous fusionnons avec la nature, spectateurs éblouis par tant de beauté….

    Le grand architecte a décidément bien choisi sa palette sur cette île, petite par sa taille, grande par sa beauté. Tu ne repars pas de la Corse indemne. Sa structure, sa diversité, sa pureté te marquent au fer rouge. Heureusement préservée par ses habitants, elle a gardé ses secrets et son authenticité. Clairement, la nature domine et l’homme corse, amoureux de son environnement, se plie à ses caprices avec délice.

    C’est ainsi que de mouillage en mouillage, de baie en baie, nous avons poursuivi notre découverte de la côte ouest de la Corse.

    D’abord du côté de Galéria, après la pointe de Ferraghiola, nous nous sommes installés entre les roches devant une petite plage totalement inaccessible par la terre. Au-dessus des roches, le maquis à perte de vue. Les quelques autres plaisanciers s’installaient comme nous dans un autre petit recoin, préservant ainsi pour chacun une intimité avec la nature. Dans la roche brûlante, la nature s’adapte et se faufile ; l’odeur des immortelles et des herbiers séchés sur la plage donne un goût particulier à ces petites criques. La pureté et la couleur de l’eau sont de plus en plus saisissantes.

    Quelques milles nautiques plus loin, nous faisons la halte suivante au milieu de roches plus hautes, plus abruptes, dans la baie de Porto où se trouvent les grottes de Piana. Pour nous protéger d’éventuels orages s’installant au-dessus des montagnes, nous mouillons au pied d’une falaise protectrice de la plage d’Ota, à quelques coups de pagaie de Porto, que nous irons visiter le lendemain. En kayak, nous pouvons nous approcher des roches au plus près et même entrer dans certaines grottes. Porto est un petit port très touristique et atypique, caché derrière un gros rocher, creusé dans la montagne et protégé par l’une de ces tours génoises qui agrémentent toutes les pointes de la côte corse. Ces tours ont été construites sur le littoral insulaire en tant que fortifications destinées à donner l’alarme à la vue de navires barbaresques au large. Édifiées sous l’impulsion de la République de Gênes entre la fin du XIIIᵉ siècle et la déclaration d’indépendance de 1735, d’où leur appellation généralisée de « tours génoises ». On en trouve 83 en Corse, chacune pouvant communiquer avec la suivante grâce à sa terrasse, sur laquelle on pouvait envoyer des signaux de feu ou de fumée ; elles ont ensuite servi de postes douaniers. Chacune a son histoire et sa spécificité.

    Ensuite, à l’entrée de la baie d’Ajaccio, nous avons posé notre ancre devant les îles Sanguinaires, petite langue de terre affûtée posée comme un point d’exclamation à l’entrée de la baie et dominée par la tour de la Parata.

    L’endroit est très sympa et très aéré ; après nos escales isolées de ces derniers jours, un peu d’air est appréciable. Mais entre les courants liés à la pointe et les coups de vent qui se sont levés, le bateau part dans tous les sens et aucun de nos voisins de mouillage ne se positionne dans la même direction. De quoi nous empêcher d’être sereins pour la nuit : nous repartons donc un peu plus loin, plus au calme, face à une fort jolie petite plage agrémentée d’une belle paillote en guise de terrasse. Nous assisterons même à un concert de chants corses depuis notre bateau, au clair de lune, entourés par les dauphins qui circulent à quelques mètres de nous, attirés par les parcs de pisciculture installés juste derrière nous.

    Enfin, nous allons découvrir, de l’autre côté de la baie d’Ajaccio, un endroit incroyable : la cala d’Orzu, face à la plage de Lunvarccia, couramment nommée « Chez Francis », le nom de la paillote installée là qui propose des spécialités de poissons. L’endroit est spacieux et très sauvage, mais sa large plage de sable blanc dévoile un lagon lumineux au milieu de toute cette verdure. Nous avons pu partir en randonnée, mais son accès est escarpé : c’est une piste de sable raide de presque 1 km qu’il faut remonter pour retrouver la civilisation. Nous sommes donc partis à la rencontre d’une autre tour génoise, cette fois à pieds.

    Ce soir, après quelques milles nautiques encore parcourus toutes voiles dehors, nous avons l’impression de revenir à la civilisation avec notre nouvelle escale, Campomoro, dans la baie de Propriano : le relief s’abaisse, le village et les demeures s’étalent doucement sur les coteaux verdoyants. Nous irons à terre demain matin découvrir cela.

    À bord, on dirait que tout le monde s’est adapté : on installe nos petits rituels, entrecoupés de nombreuses baignades, de cuisine à bord, de tentatives de pêche, de moments de calme à lire ou à écrire. Plus de culpabilité, juste de la douceur de vivre. Voilà plus de 2 semaines que nous n’avons pas été dans un port et franchement, tout est ok. La seule chose qui sera appréciable lors d’une prochaine étape dans un port sera de pouvoir rincer tout le bateau et ses ustensiles… il y a du sel partout, dehors comme dedans. Heureusement qu’il fait très beau, mais le sel piège l’humidité et la fait ressortir la nuit ! La gestion du dessalage systématique avant d’entrer dans le bateau sera donc un point à améliorer.

    Nous abordons la dernière partie de la descente de l’île cette semaine, avec encore de belles découvertes en perspective.

  • Arrivée en Corse — Entre L’Île-Rousse et Calvi

    Blog N°3 — Lundi 22 juin 2026, au mouillage dans la baie de Calvi

    Moment paisible… en ce début d’après-midi, au mouillage face à la majestueuse citadelle de Calvi.

    La chaleur est écrasante mais il y a un peu d’air dehors donc, grâce aux manches à air installées sur les hublots, un léger courant d’air rafraîchit l’intérieur du carré où nous nous reposons chacun sur sa banquette. Nous sommes bercés par les petits clapotis de la coque avant le prochain bain dans cette eau turquoise d’une transparence incroyable qui nous entoure.

    En vérité, nous sommes un peu perdus, un peu désorientés. Les corps s’adaptent à la vie en mer et à la chaleur. Nous traversons une sorte de décompression — un classique des premiers jours de vacances. La fatigue qui a suivi la traversée a déclenché un relâchement général : on ralentit, on se sent amorphes, on culpabilise de ne pas être plus efficaces ou plus excités à l’idée de réaliser un rêve… bref on se sent… « Aujourd’hui peut-être… ou alors demain… ce sacré soleil… me donne la flemme… ». En même temps, à bien y réfléchir, ces derniers mois ont été particulièrement intenses : les nerfs ont été mis à rude épreuve entre un programme de déplacements hyper chargé et tout le stress lié aux préparatifs du bateau pour son premier départ… il y avait de la tension et de l’appréhension !

    Et voilà que nous y sommes — à faire des mouillages au chaud, dans une eau limpide, pour visiter la Corse, de petites criques en petites baies… à l’aventure sur l’île de beauté : cet objectif-là est en cours de réalisation ! Que du bonheur ! Il nous faut juste réaliser et profiter pleinement — et si la vie ralentit, c’est tout à fait ok, car prendre son temps est devenu un vrai luxe dans notre société !

    Alors, pour revenir à notre arrivée sur l’île de beauté, il nous aura fallu 25 heures de navigation pour la traversée. Il y avait trop peu de vent pour la faire à la voile, donc c’est à un bon rythme moteur que nous avons quitté le continent. Quelques sauts d’eau pour se rafraîchir, un bon bouquin et surtout l’œil vif et l’âme impatiente de savourer des instants de contemplation quand la terre disparaît et que notre voilier commence son tête-à-tête avec les éléments ! Grandiose !

    Nous avons eu la visite de quelques dauphins — moments toujours magnifiques où nous avons l’impression que ces animaux entrent en communication avec nous. Quand l’un d’eux me regarde du coin de l’œil et qu’il semble sourire, je me sens la plus chanceuse au monde !

    Après un magnifique coucher de soleil, nous avons organisé nos quarts pour assurer la veille toute la nuit. Il a été décidé de faire des veilles de 2h30. Le fin croissant de lune présent cette nuit-là a vite disparu et nous avons pu assister à un ciel étoilé incroyable, tout juste vêtu de sa Voie lactée. Un beau spectacle !

    Au milieu de la nuit, le vent s’est levé un peu et nous avons pu sortir les voiles et arrêter le moteur quelques heures.

    Et puis nous avons aperçu la terre — les chaînes de montagnes corses se sont dessinées petit à petit à l’horizon. Nous avions décidé de commencer notre tour par L’Île-Rousse. Le mouillage est possible non loin du port, donc nous sommes allés poser notre ancre au bout des plages, face à une côte sauvage où se niche, au milieu des rochers, une petite crique avec sa plage de sable blanc. De quoi commencer la visite à bord du kayak et permettre au chien de mettre pied à terre ! Ce coquin fait de la résistance et, malgré son apprentissage pour faire ses besoins à bord, il attend patiemment de revenir à terre pour se soulager !

    Le lendemain, nous sommes allés visiter L’Île-Rousse et sa presque-île de la Pietra où trône le phare entouré de lagunes rocheuses. Il y a déjà du monde et la ville est très jolie. C’est l’heure des premières charcuteries corses et des déambulations dans les ruelles de cette jolie ville habillée de cette roche presque rouge au moment du coucher du soleil. L’étendue des plages de sable blanc est impressionnante, agrémentées de bars et de petits restaurants joliment décorés pour rendre l’expérience plage inoubliable !

    À vrai dire, on n’aime pas trop les plages, alors on profite de la vue pendant notre balade et nous repartons en annexe à bord de Miamorca pour les baignades et le farniente ! D’autant que nous avons des heures de sommeil à récupérer.

    Nous avons donc profité de 2 jours à L’Île-Rousse avant de partir tranquillement vers Calvi pour un autre mouillage dans sa baie, face à sa magnifique citadelle !

    Ce matin nous découvrons la vieille ville, son port, ses ruelles commerçantes et les entrailles de sa citadelle.

    Un peu d’histoire…

    La citadelle

    La construction de la citadelle débute en 1268, quand la République de Gênes cherche à sécuriser ses positions en Méditerranée. Le nom « Calvi » viendrait du latin calvus (« chauve »), en référence au rocher nu sur lequel la forteresse fut érigée.

    Semper Fidelis

    En 1553 puis 1555, la ville résiste à un siège franco-turc mené avec l’aide de Sampiero Corso. Pour récompenser cette fidélité, les Génois accordèrent à Calvi la devise Civitas Calvi Semper Fidelis, qui figure encore aujourd’hui sur le fronton de la citadelle.

    Le Christ Noir miraculeux

    Au cœur de la citadelle, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste abrite un Christ Noir dit « miraculeux » : porté en procession lors du siège de 1555, il aurait, selon la légende, étendu sa protection sur la ville et permis aux Calvais de repousser l’assaillant.

    La légende Christophe Colomb

    Selon la tradition locale, Christophe Colomb serait né à Calvi en 1451, alors que la ville était encore sous domination génoise. Un fait encore débattu, mais fièrement revendiqué par les habitants.

    Le parrain de Napoléon

    Laurent Giubega, parrain de Napoléon, était originaire de Calvi et accueillit le futur Empereur lors de sa fuite d’Ajaccio en 1793.

    Cette visite enrichissante nous a permis de remettre un peu les pieds à terre aujourd’hui. Sans autre moyen de transport, la marche nous permet ces découvertes et le ravitaillement nécessaire avant de repartir à bord — abandonnant avec joie les plages bondées et le monde citadin qui, il faut bien le reconnaître, ne nous manque pas !

    On se reconnecte à l’instant présent, on ralentit, on savoure…

  • À l’heure des premières fois !

    de Gruissan à Toulon

    En Méditerranée — N°2

    Lundi 15 juin 2026 —

    Nous venons de jeter l’ancre dans la Hanse Méjean, entre Toulon et La Garde. C’est un endroit magnifique, niché à l’abri des roches et des pins : cette hanse naturelle comporte une belle et grande plage. De part et d’autre, deux tout petits villages escarpés, constitués de maisonnettes colorées, encadrent la crique. Tout respire le calme et la tranquillité. En surplomb, de fastueux hôtels de luxe et de magnifiques demeures trônent discrètement. Nous faisons partie de leur paysage avec nos beaux voiliers dispersés sur l’eau — mais eux, on ne les voit qu’à peine. Ici, tout en bas, on est à une autre époque.

    Pour protéger les marins, mais aussi la mer et ses précieux trésors, Notre-Dame du Cap Falcon veille silencieusement.

    C’est donc à bord de Miamorca, au mouillage dans cette eau transparente et déjà chaude, que je rédige ces quelques mots. Voilà 5 jours que nous sommes partis de Gruissan. Nous sommes près de Toulon pour les derniers préparatifs avant la traversée vers la Corse. Et déjà, en quelques jours, nous sommes passés par tous les états ! À l’image des vents croisés de ces derniers jours, les émotions à bord ont pris toutes les couleurs ! La Méditerranée nous a fait savoir de manière très claire qu’il nous faut apprendre à l’apprivoiser — et comme la rose du Petit Prince, elle ne va pas se rendre docile aussi facilement ! Il va falloir la mériter. Quant à Miamorca, il n’avait plus navigué depuis fort longtemps et nous le connaissions encore peu, donc là aussi, on a eu l’occasion de faire plus ample connaissance.

    Nous sommes d’abord partis dans des conditions de vent assez soutenues d’après la météo. On a choisi d’y aller quand même — c’était un bon moyen de tester le bateau, les voiles et la tenue à bord en conditions réelles. Sauf que les prévisions météo se sont avérées bien en dessous de la réalité… Nous qui partions pour un vent établi et raisonnable pour cette première, nous avons navigué vers le port de Frontignan, juste après Sète, avec des rafales atteignant les 30 nœuds ! De quoi nous secouer correctement ! Pour une première, c’était bien sportif !

    Nous avons pu sortir les voiles, les trois : le génois à l’avant, la grand-voile sur enrouleur au centre et l’artimon à l’arrière. Tout fonctionne — c’est déjà bien. Les voiles sont fatiguées, preuves de leurs nombreuses navigations passées, mais pour le moment ça ira très bien. La Méditerranée nous a donc enseigné une constante très importante : ici, il faut être prêt à prendre des ris et à les lâcher plusieurs fois par jour ! Avec une tendance à la pétole le matin et à la tempête l’après-midi ! Il faut donc une bonne condition physique pour celui qui est au réglage des voiles — c’est le rôle de Miguel.

    Pour cette traversée de 35 milles nautiques, le strict minimum en voilure était de mise et malgré le peu de toile à l’air, nous avancions à 7 ou 8 nœuds (environ 15 km/h), ce qui est déjà très bien. Le bateau est très lourd mais, bien lancé à l’aide de ce genre de vent, ça dépote ! Nous sommes très agréablement surpris par le confort à bord : ça gîte peu, on est confortablement installé sous la casquette du cockpit, protégés des embruns, des bourrasques et du soleil. La barre se manœuvre très bien — c’est souvent mon rôle — et récupère très bien les embardées du bateau quand il remonte au vent. La même traversée sur notre ancien bateau Odilon aurait été bien plus « douloureuse ». Du coup, on savoure ! Il y a le pilote automatique d’origine mais nous n’avons pas encore pris le temps d’en découvrir le fonctionnement, donc pour ces 2 premiers jours on prend nos quarts et les réflexes marins reviennent très vite : repérer les casiers sur l’eau, assurer la veille, tenir le cap, surfer sur les vagues !

    C’est donc avec assurance, forts de notre expérience de la veille et persuadés d’avoir passé le plus dur, que nous sommes repartis vers Marseille. On a mis davantage de voile, on surfe sur les vagues, on tente la ligne de pêche et on prévoit même le premier mouillage sur l’île du Frioul pour tester notre autonomie à bord ! Sauf que là, ça s’est corsé — et en entrant dans la baie de Marseille, le vent déjà établi n’a fait que se renforcer. Secoués comme des cocotiers, il a fallu ranger les voiles… Là, on remercie le bon fonctionnement du moteur et sa puissance pour assurer les manœuvres. Arrivés devant le mouillage prévu, il était tout simplement impossible de s’installer dans ces conditions : trop de vent, pas dans la bonne direction — ballottés dans tous les sens, nous avons fui vers le port le plus proche pour nous mettre à l’abri… Il était déjà tard, le jour tombait, aucune place accessible en vue, le port fermé… Bref, moment de stress. Serrer les dents, prendre des décisions rapides, ne pas s’énerver, rester calmes et concentrés pour gérer la crise… Bon, rien de grave, mais plutôt que de dormir dans une petite crique bucolique avec un joli coucher de soleil, nous avons dormi en pointillé, amarrés sur un ponton de station-service en attendant le jour pour repartir ! L’aventure commence ! Ce soir-là, j’étais exténuée.

    Les jours qui ont suivi ont été bien plus doux niveau navigation. Nous avons rejoint Yoann, le fils de Miguel, et sa copine à Six-Fours-les-Plages, au port du Brusc, pour établir notre premier mouillage. Le vent s’est calmé… trop calmé… il n’y en avait plus assez pour naviguer à la voile. Ce fut donc une journée de navigation au moteur presque toute la journée (13h de traversée) et nous avons jeté l’ancre juste devant le port, protégés par l’île des Embiez. C’est l’heure des premières baignades, des allers-retours à terre en annexe (notre zodiac), de la première sortie du kayak et du premier coucher de soleil au calme, au milieu de l’eau, seuls au monde ! On aime ça et les habitudes reviennent très vite ! C’est aussi les premiers tests liés à notre autonomie électrique… Et là, de nouveau, quelques complications nous tombent dessus : le propulseur ne fonctionne plus, la charge des batteries semble insuffisante, plusieurs équipements semblent défaillants… Et il est hors de question de se lancer dans la traversée vers la Corse sans être sûrs de notre autonomie électrique !

    On se détend quand même avec les enfants pour le week-end — plaisir de partager à bord des moments conviviaux. On part visiter l’île des Embiez avec un autre mouillage dans une petite crique et on partage de bons repas. La famille, c’est sacré, et partager notre petit bonheur à bord nous remplit de joie !

    Ce moment fut l’occasion de célébrer un événement très particulier : le baptême de Miamorca ! En effet, nous avons renommé notre nouveau bateau et la tradition des navigateurs est de procéder à une cérémonie — la légende du Macoui.

    L’histoire dit que chaque bateau possède un esprit lié à son nom : le Macoui. Changer le nom sans respecter la tradition provoquerait la colère des dieux et le malheur en mer. Il existe donc un rituel pour « tuer » l’ancien Macoui et accueillir le nouveau.

    Nous avons donc solennellement suivi la tradition en saoulant le Macoui de l’ancien bateau, en coupant son sillon par sept fois pour le tuer et ainsi accueillir officiellement le nouveau Macoui de Miamorca, pour de belles aventures en toute sécurité. C’est plutôt folklorique et ça répond aux tendances superstitieuses des navigateurs — mais se balader ainsi à travers les mers et les océans au gré du vent sur nos fidèles destriers n’est pas sans danger. Alors, créer ce nouveau lien un peu officiellement avec notre nouveau bateau Miamorca nous a soulagés. Ce partage avec les jeunes à bord était tout à fait atypique et divertissant !

    La fin du week-end et la journée d’aujourd’hui ont été bien plus studieuses, et un à un, les petits soucis techniques ont trouvé leur solution. À bord, savoir bricoler est tout simplement indispensable.

    Demain nous passerons une nuit au port pour refaire les pleins — puis ce sera l’heure des 24 heures de traversée vers la Corse !

  • À quelques jours du départ pour les nouvelles aventures de l’été 2026

    À quelques jours du départ pour les nouvelles aventures de l’été 2026

    Lundi 8 juin 2026 à Gruissan

    Il y a quelques heures, à bord de notre beau Miamorca fin prêt pour un nouveau départ, juste devant le port de Gruissan, c’était l’heure de la première mise à la voile. Et là, le moment magique est revenu — hop, comme une musique familière et aimée…. On coupe le moteur et c’est juste le silence et le souffle du vent dans les voiles qui nous porte. Les premières minutes restent gravées comme un instant suspendu. Mais quel bonheur ! Oui, c’est pour ça…. pour ce moment-là, annonciateur de bien d’autres… que j’aime la voile et les aventures en mer. C’est comme les portes dans Alice au pays des merveilles… on passe d’un monde à l’autre en une fraction de seconde et des aventures extraordinaires peuvent commencer….

    Il nous aura fallu attendre longtemps ce départ, une bonne année et demie. Alors bien sûr, il y a eu le retour d’Odilon en Méditerranée, les « au revoir » et la vente de notre premier bateau. Ce sont aussi des moments forts, car quand on vit et navigue à bord d’un voilier, un vrai lien de confiance et d’attachement se crée et se renforce au fil des milles parcourus. D’ailleurs, tant qu’Odilon n’avait pas trouvé son nouveau capitaine, nous n’arrivions pas à nous engager de manière efficace sur Miamorca.

    Donc, avec patience, allant de petits agacements à de grands doutes, nous arrivons enfin à la veille d’un nouveau départ qui devrait nous apporter encore son lot de surprises.

    Le challenge est de taille, de notre point de vue, car nous n’avons pas encore vraiment pratiqué le bateau et l’environnement est tout à découvrir puisque nous commençons tout juste nos aventures méditerranéennes. Heureusement, Miguel a fait plusieurs stages de voile ici et son expérience va bien nous aider. Le programme initial va très certainement prendre quelques libertés et les imprévus vont modeler une aventure unique — mais l’objectif de cette année est de faire le tour de la Corse avant de revenir à Gruissan où nous avons notre place au port, en prenant le chemin des écoliers, histoire de voir quelques amis et la famille au passage.

    Programme ambitieux, car nous envisageons la traversée vers la Corse très bientôt, mais c’est fort excitant ! On n’a qu’une envie : se lancer, savourer, découvrir, retrouver nos habitudes de navigateurs, observer les différences par rapport à nos navigations précédentes, se délecter des astuces de M. Amel à bord qui a si bien pensé ses bateaux….. Bref, comme à la veille d’une rentrée ou d’un départ en colo quand on était gosses, on trépigne d’impatience avant le départ prévu dans quelques jours.

    Alors bien sûr, nous avons encore 1001 choses à faire d’ici là. Notre voilier, un Amel Sharki des années 80 qui a déjà navigué aux quatre coins du monde, nécessite une attention toute particulière et nous oblige souvent à nous creuser les méninges. L’ancien propriétaire, décédé avant la vente, n’a pu nous confier les secrets d’utilisation de son bateau. On y sent malgré tout l’amour de la navigation et les pratiques bien huilées d’un baroudeur des mers. J’en profite d’ailleurs pour lui rendre hommage et le remercier. Il nous faut juste découvrir : où se trouve tel ou tel élément ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Où va ceci ? Comment fonctionne cela ?

    L’armement du bateau — quand on installe et hisse les voiles pour faire avancer notre embarcation de quelque 10 tonnes — devient un casse-tête nécessitant toute notre attention. Il a fallu prendre le temps de préparer la vie à bord : eau, électricité, sanitaire, cuisine, organisation de l’espace ; la navigation : les voiles, le moteur, les drisses, les écoutes, les manilles, les poulies, les winches, le GPS et tout le matériel électronique ; le nécessaire indispensable pour vivre loin du monde : le mouillage (ancre et chaîne), les panneaux solaires, l’éolienne, l’annexe, l’intendance ; la sécurité et les bases réglementaires : gilets, VHF, radeau de survie, atelier de réparation. Bref, on ne chôme pas et les préparatifs de départ sont de la plus haute importance, à effectuer avec beaucoup de calme et de concentration — gage d’un séjour réussi.

    Ces quelques jours passés ici au port pour effectuer toutes ces tâches nous permettent de découvrir un peu plus l’environnement, et Gruissan est une petite station balnéaire très sympa. Il fait beau, il fait chaud et même si quelques moustiques tigres très virulents nous agressent un peu (surtout Miguel), il faut bien l’admettre, la vie au soleil est plutôt savoureuse : on est déjà en vacances, belles balades et bains de mer, ville très jolie et très bien équipée, belles plages et bons restos. Tout y est ! On aime la Normandie, mais on apprend à apprécier le Sud… d’autant que nous sommes encore hors saison, donc l’ambiance est plutôt détendue et les gens très sympas.

    Prêts à larguer les amarres pour de nouvelles aventures à bord de Miamorca sur les Carnets de Route de Marielle ?

  • Première mise à l’eau de MIAMORCA

    Première mise à l’eau de MIAMORCA

    Décembre 2025 à Gruissan

    Retour sur la première mise à l’eau de Miamorca dans une ambiance familiale…Un nouveau départ en Méditerranée…

    Focus donc, sur un de ces moments où tu te dis que la vie est bien faite et que les petits hasards du quotidien deviennent une mélodie qui sonne juste ! 

    Alors oui, depuis nos décisions de grands départs et de rêves d’illimité, les choses ne se sont jamais passées comme prévu…. Et pourtant quelle chance d’avoir su constamment réajuster, changer, adapter nos objectifs et nos envies ! 

    Nous rêvions de mer en continue mais nous aimons aussi la terre, la famille, les amis, le reste de la vie… les petites habitudes et les relations construites petit à petit…. 

    Nous pensions « année sabbatique » et nous nous régalons à parsemer le quotidien d’échappées, de travail, de routine et de présence familiale ! Nous avons aussi besoin d’ancrage. Notre famille a besoin de nous, nous avons besoin d’eux ! 

    Tant de projets, tant d’envies ! Nous sommes des multi-passionnés assumés !

    Alors nous avons pris le temps de réorganiser nos objectifs. Quelle étrange sensation d’observer l’accélération de la vie dans ce choix de ralentir le quotidien ! 

    Donc depuis notre rencontre avec l’orque en plein élan, nous avons réinventé les projets : vente de notre bateau Odilon, choix du prochain bateau Miamorca, mais aussi …. Investissements …. Mariage…. Consolidation d’un nid bien terrestre…. don à nos proches du bien de plus précieux qui soit : du TEMPS !

    Temps de vie, temps de partage, temps de travail, temps de fête, temps de repos, temps de répit ! Quel bonheur simple, stable et puissant ! 

    Nous découvrons avec bonheur l’accompagnement de nos enfants devenus grands et autonomes. Le quotidien est différent mais le besoin est toujours là, les relations s’ajustent et la distance permet les petites joies intenses de se retrouver. Rester présents dans la vie d’adulte de nos enfants est un choix, une envie, une mission ! Quelle passionnante observation de les voir s’envoler ! 

    Notre couple aussi a changé, un cheminement vers le mariage qui renforce, la réunion de nos tribus respectives autour d’un fête simple mais grandiose où nous avons vu combien tous étaient présents, investis et heureux pour nous ! Quelle gratitude de se sentir si entouré et aimé ! Alors oui, nous garderons aussi du TEMPS pour eux ! 

    La Normandie … la région parisienne… le Portugal … la Savoie … maintenant le Sud…

    Du nord au sud, d’est en ouest, il y a tant d’endroits aimés que nous avons aussi choisi de passer du temps ici et là ! Baracuda, notre camion aménagé est devenu notre résidence principale ! Être toujours en vadrouille nous a aussi permis de mettre en évidence ce besoin d’une base, d’un pied à terre douillet, accueillant et sécurisant. Nous avons donc créé et défini un socle solide et unique : notre chez nous ! 

    Et enfin le virage, la nouvelle page, le nouveau départ avec MIAMORCA ! Notre nouveau voilier, un Amel Sharki de 12 mètres choisi pour sa sécurité et son confort au long court en Méditerranée ! 

    Pourquoi ce nom ?

    MI AMOR pour notre histoire de couple, pour l’équipe que nous formons depuis toutes ces années et sans qui le voyage n’aurait pas le même goût. Et puis, l’arrivée de ce bateau marque l’année de notre mariage.

    ORCA pour ne pas oublier le déclencheur… L’orque….l’initiatrice de l’effet papillon dont nous bénéficions depuis que nous l’avons rencontré l’été 2024 ! Avec le recul nous avons pris conscience d’une forme d’essoufflement, une fin de cycle que nous n’avions pas vu venir ! Il était l’heure de changer …

    Il nous semble parfois avoir perdu du temps, d’avoir subi des longueurs et des ralentissements… alors qu’à y regarder de plus près aujourd’hui ! Tant de réalisations se sont produites que c’en est incroyable ! 

    Bienvenue donc au premier jour de ce nouveau cycle à bord de Miamorca en Méditerranée mais aussi, sans doute plus discrètement dans une vie ordinaire jonchée d’extraordinaire, d’amour, de famille, d’amitié, de découvertes tout azimut ! 

    Le monde nous attend dans toute sa diversité et sa subtilité !

    Savourons chaque instant ❤️

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  • La magie de la collaboration

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