Blog N°5 — Lundi 6 juillet 2026, au mouillage dans la baie de Rondinara

Encore de belles surprises lors de notre descente vers le sud de la Corse — les petites criques semblent tout droit sorties d’un catalogue de voyage des Antilles ! Maintenant à quelques milles nautiques de la Sardaigne, nous sentons que nous changeons d’atmosphère. Côte hyper connues pour ces plages plus belles les unes que les autres, les visiteurs affluent en nombre à bord de superbes yachts, catamarans et zodiaques de luxe équipés de moteurs puissants et bruyants. Il y a beaucoup de monde sur l’eau et beaucoup d’argent aussi. Les plages de sable blanc et aux eaux émeraudes sont blindées. Visiblement, ce sont les lieux où il faut aller !





Pour autant, l’île résiste bien à ces effluves de désir de possession et reste sauvage dans ses paysages : le maquis semble impénétrable, la roche peut être tranchante et menaçante, comme pour nous rappeler ses limites. Même le peu de construction a été choisi pour se fondre dans le décor — maisons basses de couleur sombre qui se fondent aisément dans la végétation ! Heureusement, et je souhaite à la Corse de se préserver ainsi encore longtemps !

Pour nous rappeler par d’autres biais combien la nature mène la danse, nous avons eu cette semaine une météo plus compliquée. Plusieurs coups de vent nous ont accompagnés, dont il a fallu se protéger ; de fortes houles qui n’avaient rien à envier à l’Atlantique ; des orages menaçants qui ont eu la délicatesse de rester à terre ; des nuits inconfortables, l’œil rivé sur la tablette pour s’assurer que notre mouillage ne dérape pas. Nos points de chute étaient en plus parsemées de beaux rochers très instagrammables rendant le spot unique — mais tout à fait flippant du point de vue du navigateur qui doit choisir avec soin l’endroit où poser son ancre pour passer la nuit !




L’avantage précieux de ces changement météorologiques est que nous avons enfin fait de la voile pour de vrai ! Jamais très longtemps puisque nos traversées restaient des sauts de puces mais enfin nous avons hissé les voiles, éteint le moteur, admiré le vent s’engouffrer. Nous avons testé le pré même serré et le grand largue. Nous avons aussi tirés quelques bords et pris le triple de temps initialement annoncé ! Nous avons pu navigué !

Côté faune, nous n’arrivons toujours pas à pêcher et, à part une journée peuplée de méduses et les oblades curieuses qui agrémentent nos baignades et nos séances de snorkeling, aucun poisson n’est arrivé jusqu’à nos assiettes. Parfois, un banc de castagnoles ou une petite raie viennent agrémenter ce microcosme sous-marin qui nous accompagne de mouillage en mouillage.

7 jours et 7 baies, toutes différentes et attachantes :
Campomoro, avec son petit village typique, ses ânes et ses oliviers, nous a permis de trouver de quoi nous ravitailler en produits corses.




Murtoli, immense et quasi déserte, nous a donné l’occasion de nager jusqu’à la plage et de faire de belles balades les pieds dans l’eau.



Rocapinna et son célèbre Lion de Roche qui domine la baie nous a dégourdi les jambes lors de son ascension escarpée jusqu’à sa tour génoise, et nous laissera le souvenir angoissant d’une nuit houleuse au milieu des roches.





Le grand Sperone et son golf luxueux, après le passage devant les falaises de Bonifacio sur une mer bien agitée, fut un précieux refuge face au vent d’est et nous a donné du fil à retordre pour accéder à la plage dans un vent et une houle forts et déstabilisants.





Le petit Sperone, sa grotte des Amoureux — petite plage nichée sous la roche — et le tour des îles Cavallo et Lavezzi face à la Sardaigne nous ont apporté des effluves de romance, surtout agrémentés de très nombreux visiteurs équipés de yachts plus luxueux les uns que les autres.

Enfin, Sant’Amanza nous a permis un retour au calme, tant par sa protection naturelle grâce à ses collines sauvages de maquis préservées pour les chèvres du Mohican, que par son recul touristique. Le vent tourne et en quelques minutes, nous traversons ce petit bras de mer protecteur pour nous mettre à l’abri au pied des falaises blanches de Balistra. Un spot à retenir pour son calme et sa beauté.




C’est donc une étape colorée, pleine de nuances, qui nous a régalés encore cette semaine. Nous avons déjà terminé notre visite de la côte ouest de la Corse comme prévu. L’idée est de pousser jusqu’à Porto-Vecchio, sans doute pour refaire le plein d’eau après 3 semaines d’autonomie, avant de repartir vers le continent quand une fenêtre météo nous le permettra !





























































































































